16/06/2011
7 - Ces violences faites à la nature et aux sons familiers
"Je suis incapable de résister à un pavé au roquefort avec des frites ou à une tartine de confiture"
Maxime est arrivé sur scène moulé dans le maillot du FC Lorient, pour rendre hommage au club breton il joue sur sa Gibson, le refrain de "We are the Champions". Malgré la puissance des couleurs et le volume du son, cette surprise ne provoque sur le public aucune sorte d'émotion. La fièvre de Jacques n'a pas baissé, sa femme veut l'installer dans une maison de retraite à Dreux, Jacques s'éloigne un temps de sa femme et espère guérir grâce au soutien de sa fille Claude. L'heureuse veine poétique de Luca le distingue toujours des autres décorateurs, il a ajouté dans sa fresque un point de fuite en fonction duquel les plafonds s'organisent. Au dessus des structures métalliques d'une ancienne usine de fers à friser, il peint des effets de trompe-l'oeil qui s'ouvrent sur des cieux infinis peuplés de vierges folles et d'anges aux traits indiatides. Subrepticement on pressent le triomphe de Frédéric. Pour la génération gaulliste de l'après-68, il représente l'espoir. Marqué dès l'enfance par la rupture avec sa langue natale, il veut faire tomber les tabous et les idées reçues en régulant les flux migratoires grâce à l'aide que lui apporte déjà son grand ami Brice Hortefeux, tous deux décident de mettre en couverture d'un magazine prestigieux des chanteurs gaullistes à la mode. Jean traîne un peu au 100 Club sur Oxford Street, Il écoute Malcom Mc Laren se réclamer de Guy Debord. Anne avachie sur un sofa regarde les gens de Mogador. Jean finit sa bière, depuis qu'il a coupé sa moustache et sa barbe, les filles lui tournent autour. Ca fait dix ans qu'il prend des cours de guitare sans savoir plaquer un accord. A la sorti du club, il fait la connaissance d'Eric Clapton. Eric Clapton porte des chaussures de football à crampons et parcourt les rues de Londres la nuit, au volant d'une Citroën Picasso. Jean ne cache pas sa déception, il s'achète trois bouteilles de vins espagnols qu"il boit cul sec dans la rue, puis termine la nuit seul à sniffer du poppers dans sa chambre d'hôtel. Il pense aux coups du charme et aux plans de séductions, aux gibelottes, aux queues de casseroles qu'on secoue quand les oignons se chevauchent. Il pense aux formes douces des champignons, aux liquides sirupeux, à la moelle du cardon. Il se souvient du cou blanc de Mireille Mathieu quand elle chantait "Mille colombes". Il enlève son caleçon.
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15/06/2011
6 - Pour en finir avec Isabelle Adjani
"Mon but est de raconter une histoire tout en faisant en sorte qu'elle existe par elle-même".
Edouard a la hantise du temps qui passe. Il donne toujours aux femmes des rendez vous sous les horloges. Le vélo se mondialise, il y a encore le tour de France qui attire les badauds, les exploits de Jany Longo, et puis l'ânesse d'Isabelle Adjani que tout le monde cherche partout. Jean ferme les rideaux pour la tranquillité. Il sait qu'aucun des experts contactés n'accepterait de traquer la fautive. On voit poindre des formes de musiques nouvelles comme par exemple celle du concerto solo pour hautbois ou flûte traversière. Edouard frissonne, ce détournement esthétique est pour lui le signe précoce du délabrement de toute une société. Il considère à juste titre que cela constitue une menace contre la tradition. Il fait jouer ses relations et prévient la maison d'Autriche. Justine s'inscrit à une émission de télé-crochet elle y chante une reprise du "Pull bleu marine". Elle est éliminée au profit d'un petit chameau qui sort de l'Ecole des Beaux Arts de Nîmes. 400 000 spectateurs vont sur le pont de Tolède, ils ont vu s'y promener l'ânesse d'Isabelle Adjani. L'histoire pourrait s'arrêter là. Mais on sait aujourd'hui que cette ânesse n'existe pas, on l'inventa pour forcer les badauds à se tromper de cible, Isabelle Adjani peut enfin rejoindre Jean dans l'espoir de passer une nuit seule avec lui. En la voyant couchée sur le tapis, Jean n'est plus sûr que ce soit celle qu'il attendait. Il met un disque d'ambiance. Isabelle Adjani ne sait pas qu'il s'agit du premier mouvement de "L'hiver" d'Antonio Vivaldi. Jean entre dans l'hiver aussi vite qu'il souhaite en sortir. Une dizaine de paparazzi déguisés en lambris voient pour la première fois Isabelle Adjani pleurer nue sous la neige.
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