26/04/2012
18 - La renaissance du style Empire
"J'ai foi en quelque chose mais je ne sais pas ce que c'est."
Charles est devenu "petit architecte" mais il a des idées visionnaires et se sent appelé à devenir "un grand". Il a repris à son compte le style Empire prisé par cette bourgeoisie un peu bohème qui toutefois ne peut se reconnaître dans l'appellation réductrice de "bobo". Cela n'est évidemment, pas assez. Pour l'instant, Charles manque de clientèle, c'est à dire, de soutiens fiables, fidèlisables et il est obligé de combler ses fins de mois avec de petits boulots très en dessous de ses ambitions. Il essaie d'accepter l'idée d'explorer l'univers des petits boulots comme si cela était une expérience initiatique incontournable, d'en nier l'aspect de nécessité pour concevoir l'idée d'un enrichissement personnel via une vraie immersion dans le vrai monde du vrai travail qui lui apportera plus tard une vraie clairvoyance pour de grandes futures constructions, de nouveaux espaces reliant à la fois la modernité avec des valeurs rassurantes, un luxe qu'il faudrait repenser afin de le rendre accessible à chacun - des classes moyennes aux classes populaires - car nul doute que cela correspond à un désir de luxe commun encore informulable. Il suffirait de diffuser largement l'idée d'un style Empire à deux vitesses à transposer ou peut-être à customiser soi-même, l'époque selon Charles s'y prête. Pour l'instant il fait des états des lieux, de l'architecture d'intérieur pour des particuliers aisés, (décors de salles de fête, pour les mariages, baptêmes, fiançailles...), il a même fait mâçon, et parfois, au pire, il devient, peintre en bâtiment. Certes il y a des mondes entre le style Empire et ces coups de badigeon, et quelquefois découragé, il se demande s'il ne devrait pas entièrement se recentrer sur une activité différente, inédite et tournée par exemple vers l'avenir comme le fait son ami Frédéric qui s'intéresse à l'évolution de la gastronomie et l'explosion du Power Snack Créatif. Jean a goûté la première fois le hamburger de zèbre, et les chips saveur Kangourou, il a conservé l'emballage pour épater ses amis rétrogrades, mais il doit lutter contre la tentation de s'adonner à la cuisine traditionnelle, lutter contre ses préjugés. Charles continue à travailler sur de grands projets d'architecture, il croit aux mélanges des idées, il soumet à Frédéric, son projet : construire un snack bar de style Empire sur le continent africain.
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28/12/2011
16 - Des fashion-victims d'un genre nouveau
"Je voulais faire taire les rumeurs selon lesquelles ma mère était alcoolique ou folle, mais je n'ai pas réussi"
Cécile s'est mise très jeune à frapper sa mère, enragée de la voir perdre la mémoire. Grâce à la richesse des réseaux sociaux elle parvient à se faire des amis avec lesquels elle partage des objets kitsch vintage. Jenny est à Cannes très remarquée, grâce à son teint de porcelaine, elle ne marchera qu'une fois sur le tapis rouge pour présenter une gamme de cosmétiques, puis elle rentrera seule à l'hôtel sans pouvoir approcher Georges Clooney, qu'elle rêve de rencontrer depuis l'enfance. Elle décide de rejoindre Pati Dubroff à Los Angeles qui maquille les plus grandes stars du moment (dont Georges Clooney), qu'elle tentera d'approcher, si elle n'y arrive pas elle se dit qu'elle changera de métier. Jean se découvre un faible pour les fourreaux noirs, qu'il collectionne en secret afin de tuer son ennui, le soir il sort et va se saoûler jusqu'à l'aube dans les boîtes de nuit. Un soir, il rencontre Ludivine Sanier qui l'aborde dans une robe fourreau noire. Jisay, se sent mal fait, avec sa veste de treillis et ses santiags qu'il n'ose pas la draguer. Prétextant qu'il doit s'occuper de sa mère handicapée, il se sauve et part se balader seul en vélib' autour de la gare St Lazare où il écrira le début d'un poème nihiliste dans sa tête. Cécile épuisée par la surveillance que lui impose sa mère a fini par s'endormir dans le canapé, devant un reportage sur les lézards. Sa mère profitant de l'aubaine, enfile ses pantoufles et s'en va en vitesse, attraper le dernier avion. Elle a posté un télégramme à Georges Clooney qui l'attend chez Pati Dubroff à Los angeles, pour l'emmener dans son hôpital d'où il tentera de la sauver.
00:23 Publié dans De la Beauté, De la Débauche, De la Mode, Des Soins du Corps, Des vedettes, Des Voyages, Du rêve, Du Souvenir, Du tarabiscotage | Lien permanent |
28/11/2011
15- Le difficile est le chemin
"Ma vie est un combat de tous les jours, j'aimerais à présent viser une carrière internationale"
Jean voudrait créer mille opportunités de savoirs à travers une simultanéité de regards. Il s'intéresse au dessin, à la peinture, surtout à l'émouvante piéta. Il croise Bernard, stagiaire à la médiathèque de Menton, passionné d'iconographie, qui rêve de récupérer la fortune personnelle de Piero Della Francesca dont il a lu sur un manuscrit rare qu'elle était toujours enterrée dans un jardin en Toscane. Ils partent tous deux en autocar à la recherche de ce trésor perdu, malgré leur opiniâtreté, par quelques aventures humiliantes, ils se retrouvent en Tunisie, de là ils cheminent sur les routes jusqu'en Macédoine, l'histoire défilant en même temps qu'ils perdent de vue leur objectif, on les retrouvera dix ans plus tard à Menton au même point d'où ils étaient partis. Ils se demanderont le reste de leur vie si le voyage est une inconscience ou un véritable art de vivre. Aujourd'hui, Jean planche sur de nouveaux projets avec de jeunes gens ambitieux qui osent déjà s'aventurer dans les derniers endroits non desservis par les transports en commun.
01:04 Publié dans De l'Histoire, De la Beauté, Des Beaux Arts, Des Voyages, Du rêve, Du Souvenir | Lien permanent |
18/07/2011
13 - Malaise dans la culture
"Je regrette le formatage de certains textes , la persistance de certains clichés."
Sylvie a des difficultés pour emprunter, elle ne peut pas s'acheter un logement. L'amiral a ramené des têtes Maori de Nouvelle Zélande, mais la Nouvelle Zélande exige la restitution des têtes dans les meilleurs délais. Henri s'interroge sur la condition de la culture en France car le gouvernement n'aide plus personne et laisse faire le trafic des ruines, le ministre voudrait instrumentaliser les premiers objets ayant appartenu à d'anciennes divinités, pour servir de décor dans des émissions de divertissement à la télé, Henri pense que cela équivaut à une forme d'effacement de l'autre. Marie-Cécile est bouleversée. Elle craint que le genre féminin disparaisse. Henri tente de la rassurer pour lui la chose est plus complexe, mais il reste opposé à la féminisation de certains termes comme "auteure" ou "inventeure". Un opérateur de chantier est désigné, il devra avec son équipe, reconvertir les ruines pour en faire des logements décents. Il prévoit d'agrandir les trottoirs et promet 400 logements équipés de frigos et de machines à laver pour la rentrée. Marie-Cécile n'en revient pas. Jean aimerait qu'on plante des platanes tout le long du canal. En regardant les yeux de Sylvie, il revoit l'image de sa mère assise dans une chapelle en train d'écouter une sarabande de Haendel. Qu'attendait-elle au fond, de la vie sa pauvre mère, Sinon que le soir tombe ? Marie-Cécile trouve que c'est peu. Mais Jisay lui précise ironiquement que sa mère attendait le soir pour regarder des nuages géants descendre sur Venise, dans les bras de l'amiral.
21:11 Publié dans De l'Histoire, De la Beauté, De la Politique, De la Sciences et de la Technique, De la Société, Des Beaux Arts, Des Voyages, Du rêve, Du Souvenir | Lien permanent |
08/07/2011
12 - Du labeur peut-être inutile
"Je me demande au fond si un jour je ne vais pas regretter le temps où je faisais ce que je voulais sans que personne ne s'en mêle."
Georgio évoque le travail des graveurs. Il adresse des lettres passionnées à sa fiancée. Elle n'a jamais compris la complexité de ses oeuvres tournant autour du thème des tremblements de terre et de l'apocalypse. Jean lit des textes à la bibliothèque de Poitiers devant une salle à moitié vide. Jadis il jouissait d'un certain prestige, mais aujourd'hui comme tout le monde, il doit faire un peu de porte-à-porte. On parle d'une contagion, dûe à des bêtes mortes. Des mouvements de contestation traversent le Maroc. Etienne photographie la Baltique et les îles Caraïbes pour montrer ce qu'il sait du monde. Les autres n'arrivent pas à réaliser. Pierre parle d'hystérie collective, au coeur du drame, il est revenu hagard de Tchernobyl, en 1986. Denis était à Port au Prince en 2010. Gilles regarde s'effondrer une digue sur le lac Pontchartrain. Jacqueline vit à Mahabalipuram dans un village indien, elle entend une grande vibration, puis voit arriver une vague qui décime sa famille, elle regarde mourir sous ses yeux tous les siens. Elle se promène aujourd'hui dans le vent râpé, enjambe des écorchés. Graham vole dans les poches des mourants et des morts de quoi survivre un jour ou deux. Maxime lit les dernières nouvelles du monde en sirotant un cocktail "Albertine" sur les rochers artificiels d'une plage réservée aux artistes de variété et aux vedettes de la télé.
08:13 Publié dans De l'Histoire, De la Fantasmagorie, Des Beaux Arts, Des Voyages, Du Souvenir | Lien permanent |
21/06/2011
11 - All you see is a ghost
"Mon objectif c'est la pureté, ne jamais mettre les gens dans des situations dégradantes"
Tom est perpétuellement angoissé par la pluralité des mondes. On en aura trop profité, chacun s'est s'engouffré dans divers courants et de grands chantiers ont coulé alors ils ont muté les gens. Yves réalise ses tableaux avec de nombreux assistants il a reproduit dans la résine les planètes du système solaire, qu'il colle sur des parkings, on peut en voir deux ou trois dans la banlieue de Londres. Paul est aussi timide que grand. Il est fasciné par les cartes à jouer, la partie fixée dans l'instant, les sols flêchés, et les oeuvres supertemporelles du lettriste Isidore Isou. Il a été élévé par une mère illettrée qui mesurait au moins deux mètres, elle était soit-disant dresseuse d'éléphants dans un cirque mais elle n'est recensée nulle part et ne figure dans aucun registre de naissance. Paul rencontre une sophrologue à la sortie d'un restaurant il la remarque car elle fait la taille de sa mère. Il lui propose de passer quelques jours chez lui, en échange elle lui apprendra à maîtriser ses émotions. Jean est inquiet. Au bout de quelques semaines, il remarque chez Paul, des troubles du comportement et une modification importante de ses facultés intellectuelles. Paul s'est mis à parler une langue inconnue sur la terre. Il donne maintenant des concerts de poèmes lettristes improvisés dans des jardins publics. Ses émotions sont controlées par un ordinateur capable de mesurer le mouvement des larmes et la densité de la sueur. A quelques mètres de là, dans une estafette très sophistiquée, la sophrologue contrôle les émotions de Paul. Jean engage un détective privé. Au bout de quelques mois, le détective découvre que la sophrologue vient d'une autre planète, peuplée par des êtres géants probablement mauvais. Il se demande si la mère de Paul ne serait pas impliquée dans cette étrange affaire. Nous ne possédons pour l'instant, pas le moindre élément supplémentaire.
21:39 Publié dans De la Débauche, De la Fantasmagorie, De la Sciences et de la Technique, De la Technologie, Des Beaux Arts, Des Voyages, Du rêve | Lien permanent |
16/06/2011
7 - Ces violences faites à la nature et aux sons familiers
"Je suis incapable de résister à un pavé au roquefort avec des frites ou à une tartine de confiture"
Maxime est arrivé sur scène moulé dans le maillot du FC Lorient, pour rendre hommage au club breton il joue sur sa Gibson, le refrain de "We are the Champions". Malgré la puissance des couleurs et le volume du son, cette surprise ne provoque sur le public aucune sorte d'émotion. La fièvre de Jacques n'a pas baissé, sa femme veut l'installer dans une maison de retraite à Dreux, Jacques s'éloigne un temps de sa femme et espère guérir grâce au soutien de sa fille Claude. L'heureuse veine poétique de Luca le distingue toujours des autres décorateurs, il a ajouté dans sa fresque un point de fuite en fonction duquel les plafonds s'organisent. Au dessus des structures métalliques d'une ancienne usine de fers à friser, il peint des effets de trompe-l'oeil qui s'ouvrent sur des cieux infinis peuplés de vierges folles et d'anges aux traits indiatides. Subrepticement on pressent le triomphe de Frédéric. Pour la génération gaulliste de l'après-68, il représente l'espoir. Marqué dès l'enfance par la rupture avec sa langue natale, il veut faire tomber les tabous et les idées reçues en régulant les flux migratoires grâce à l'aide que lui apporte déjà son grand ami Brice Hortefeux, tous deux décident de mettre en couverture d'un magazine prestigieux des chanteurs gaullistes à la mode. Jean traîne un peu au 100 Club sur Oxford Street, Il écoute Malcom Mc Laren se réclamer de Guy Debord. Anne avachie sur un sofa regarde les gens de Mogador. Jean finit sa bière, depuis qu'il a coupé sa moustache et sa barbe, les filles lui tournent autour. Ca fait dix ans qu'il prend des cours de guitare sans savoir plaquer un accord. A la sorti du club, il fait la connaissance d'Eric Clapton. Eric Clapton porte des chaussures de football à crampons et parcourt les rues de Londres la nuit, au volant d'une Citroën Picasso. Jean ne cache pas sa déception, il s'achète trois bouteilles de vins espagnols qu"il boit cul sec dans la rue, puis termine la nuit seul à sniffer du poppers dans sa chambre d'hôtel. Il pense aux coups du charme et aux plans de séductions, aux gibelottes, aux queues de casseroles qu'on secoue quand les oignons se chevauchent. Il pense aux formes douces des champignons, aux liquides sirupeux, à la moelle du cardon. Il se souvient du cou blanc de Mireille Mathieu quand elle chantait "Mille colombes". Il enlève son caleçon.
10:18 Publié dans De l'Erotisme, De l'Histoire, De la Beauté, De la Débauche, De la Fantasmagorie, De la Mode, De la Musique, De la Politique, Des Beaux Arts, Des vedettes, Des Voyages, Du Commerce, Du Souvenir | Lien permanent |
13/06/2011
4 - Croire en l'amour des lieux
"Je suis pour la complexité, pas pour la confusion."
Jacques a encore du mal à se servir de son bras droit, il passe ses soirées avec Jean pour préparer des débats sur le thème de la laïcité. Gilbert s'intéresse à l'extraction du charbon dans la vallée du Gier, François, horloger de métier y a consacré sa vie et sa fortune. Robert vient de démissionner, il craint que Paul Loup Sulitzer soit choisi pour le remplacer, si c'était le cas, il en serait fini du dessus du panier. Paul dit que "La nuit n'est pas le négatif du jour", la nuit serait donc autre chose. André croit que c'est "l'inconscient du jour", Vincent n'y voit que des murs qui s'estompent dans la fumée des cigarettes, Claudio est persuadé qu'il tient la lune dans sa main, et que plus elle se rétrécit plus elle l'éclaire. Quand il a commencé à le raconter, tout le monde a cru à une plaisanterie. Rita a des visions de tunnel dans l'eau et des rêves d'accidents de voiture. Thierry se rend dans la crypte des Capucins pour se recueillir sur la tombe de Sissi, une fois revenu à la lumière il va se promener dans une allée bordée de châtaigniers, longue de cinq kilomètres. Georg s'intéresse au monstre du Loch Ness, il rencontre Claire dans une bulle alpine peuplée d'animaux virtuels, il finit avec elle dans une chambre pleine d'anomalies mais il sait que cette histoire n'est pas réelle. Henri restitue des butins de ses expéditions coloniales, il en fait don à un pharmacien richissime qui prétend avoir fréquenté Jean Genêt rue Godefroy à Lyon sous l'occupation, mais Jean Genêt ayant très souvent déclaré "Je suis un autre". Le pharmacien n'est plus en mesure de confirmer grand chose et ses propos semblent de plus en plus confus.
20:41 Publié dans De l'Histoire, De la Sciences et de la Technique, De la Société, De la Technologie, Des Beaux Arts, Des vedettes, Des Voyages, Du rêve, Du Souvenir | Lien permanent |
28/05/2011
3 - Le nouveau monde et son cortège d'injustices
"Le monde est vaste, la semaine prochaine, je pars en Amazonie, hier soir, j'étais à Pigalle."
Marie-Laure étudie la personnalité des gens et écoute leurs histoires elle les compare aux récits des dramaturges et tire des parallèles entre les contextes divers de la monarchie et de la république. Martine annonce qu'elle fera tout ce qui est en son pouvoir pour améliorer la situation des retraités. Jean s'en va dans le désert il voyage à dos de chameaux, filme et photographie les toubous. Patricia prépare des bouchées de chocolat noir fourrées au pralin et à la liqueur elle les sert avec un grand cru de Champagne doré aux parfums floraux et fruités. La durée de validité des copies et des extraits de date de naissance devient illimitée. Olivier profite de certaines inégalités sociales pour peaufiner sa stratégie. Denis a peur de perdre son emploi il s'aperçoit que, comme lui, tout le monde a peur et découvrant la lâcheté de ses collègues de bureau, il se suicide dans un vestiaire jouxtant la cantine de sa boîte. Philippe cite Paul de Tarse : "Si je n'ai pas l'amour je ne suis rien" mais il reste fasciné par cette capacité qu'ont les hommes à déchoir et détruire ceux qu'ils aiment. John, est motard il impose sa loi dans la ville avec son gang, il attaque les honnêtes gens, pille leurs maisons, viole les femmes et commet quelques meurtres sans jamais se faire attraper, avant de mourir de la tuberculose, il s'offre un dernier voyage en car pour Lourdes, et se convertit au catholicisme.
14:25 Publié dans De l'Histoire, De la Gastronomie, De la Politique, De la Religion, De la Société, Des Beaux Arts, Des Voyages, Du Souvenir | Lien permanent |









