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25/05/2012

20 - Echapper à l'exposition

"Je suis inoxydable, je ne me pose jamais de questions, je fonce"

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L'exposition se ferait à deux pas du périphérique, pour toucher la population ouvrière, dont  Walter  se sent assez proche bien qu'il ne méprise pas la bourgeoisie. Le concept de l'exposition serait minimal, les artistes invités y figureraient l'expérience intérieure de la féminité aliénée par les stéréotypes modernes. L'exposition contiendrait en  parallèle des îlots d'immersion hors des murs afin de convier les milieux défavorisés à quelques possibilités de création. Les images présentées feraient des allers-retours entre l'espace et la lumière, et joueraient par contraste avec ce que Paris exige d'élégance au regard des banlieues et ce que la banlieue parisienne comporte de codes aux yeux des classes provinciales aisées. L'exposition interrogerait aussi la sexualité en milieu urbain et les affects des classes moyennes à la périphérie, tout cela étayé par des statistiques, des graphiques, des évalutions scientifiques via diverses disciplines tandis que les artiste groupés en collectif signeraient chaque oeuvre d'une suite de numéros en effaçant leurs noms et prénoms pour rejoindre cette abstration de l'oeuvre qui expérimenterait une sorte de fusion avec les spectateurs, lesquels écriraient leur nom en grand sur des tablettes  via des capteurs immortalisant leur présence en tant qu'oeuvre d'art éphémère. Ces multiples statuts tisseraient entre eux des liens avec les galeries d'art européennes qui diffuseraient la performance en simultanée sur  tous les murs des plus grandes capitales d'Europe. Cela, précise Walter, constituant la rampe de lancement d'une journée européenne de la démocratie dont la date sera communiquée ultérieurement aux adhérents de la revue "Exposition". Jissay a relu l'article plusieurs fois sans comprendre. Lassé par ce martellage incessant, il préfère s'apaiser avec des plaisirs simples comme regarder pousser des plantes sur la véranda de son atelier qui domine le centre de d'une ville (il n'a jamais précisé laquelle). Là, il peut contempler le coucher du soleil pour saisir la réverbération des lampions d'une roulotte où l'on fait de la pâte à gaufres sous un platane situé juste en face du Sacré-Coeur.

26/04/2012

18 - La renaissance du style Empire

"J'ai foi en quelque chose mais je ne sais pas ce que c'est."

retour du style empire,créativitié,snacking

Charles est devenu "petit architecte" mais il a des idées visionnaires et se sent appelé à devenir "un grand". Il a repris à son compte le style Empire prisé par cette bourgeoisie un peu bohème qui toutefois ne peut se reconnaître dans l'appellation réductrice de "bobo". Cela n'est évidemment, pas assez. Pour l'instant, Charles manque de clientèle, c'est à dire, de soutiens fiables, fidèlisables et il est obligé de combler ses fins de mois avec de petits boulots très en dessous de ses ambitions. Il essaie d'accepter l'idée d'explorer l'univers des petits boulots comme si cela était une expérience initiatique incontournable, d'en nier l'aspect de nécessité pour concevoir l'idée d'un enrichissement personnel via une vraie immersion dans le vrai monde du vrai travail qui lui apportera plus tard une vraie clairvoyance pour de grandes futures constructions, de nouveaux espaces reliant à la fois la modernité avec des valeurs rassurantes, un luxe qu'il faudrait repenser afin de le rendre accessible à chacun - des classes moyennes aux classes populaires - car nul doute que cela correspond à un désir de luxe commun encore informulable. Il suffirait de diffuser largement l'idée d'un style Empire à deux vitesses à transposer ou peut-être à customiser soi-même, l'époque selon Charles s'y prête. Pour l'instant il fait des états des lieux, de l'architecture d'intérieur pour des particuliers aisés, (décors de salles de fête, pour les mariages, baptêmes, fiançailles...), il a même fait mâçon, et parfois, au pire, il devient, peintre en bâtiment. Certes il y a des mondes entre le style Empire et ces coups de badigeon, et quelquefois découragé, il se demande s'il ne devrait pas entièrement se recentrer sur une activité différente, inédite et tournée  par exemple vers l'avenir comme le fait son ami Frédéric qui s'intéresse à l'évolution de la gastronomie et l'explosion du Power Snack Créatif. Jean a goûté la première fois le hamburger de zèbre, et les chips saveur Kangourou, il a conservé l'emballage pour épater ses amis rétrogrades, mais il doit lutter contre la tentation de s'adonner à la cuisine traditionnelle, lutter contre ses préjugés. Charles continue à travailler sur de grands projets d'architecture, il croit aux mélanges des idées, il soumet à Frédéric, son projet : construire un snack bar de style Empire sur le continent africain.

22/04/2012

17 - Du sentiment de la lumière

"Je ne m'intéresse pas au cinéma en tant que médium, je ne l'utilise que par commodité"

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Pati est entrée en combat contre l'esprit de chapelle, elle s'opposera toujours à cette idée qui depuis très longtemps énonce que lorsqu'on n'aime pas la vie, on va au cinéma. Elle, au contraire professe qu'on peut aimer la vie et le cinéma et toute autre culture, laquelle n'est pas un palliatif quoiqu'on dise... Philippe hante les galeries d'art contemporain depuis que Sophie Calle s'est laissée orthographier SOFICAL, d'une part il pense trouver là quelques idées à réinjecter dans sa société de loisirs accompagnés réservée aux employés des entreprises-pilotes souffrant de démotivation et qui feront appel à lui, si nécessaire, d'autre part, parce qu'il en ressent un besoin personnel autant qu'une espèce de curiosité qui vire parfois à l'obsession, pour l'heure, il collectionne les signes recueillis par l'artiste pour les assimiler, prend des notes, qu'il classe dans un trieur et le soir, il se change les idées non sans s'inspirer de ce qu'il a découvert la journée, ainsi des heures durant, fasciné par l'arrêt sur image de son magnétoscope, il a revisionné plusieurs fois le film de son mariage avec Clémence et s'est mis en tête de le cisailler, pour en faire une présentation au centre commercial de Noisiel qui dispose à présent d'un carré d'art avec une salle de projection 3D, il pourrait appeler ce film "notre Mariage raté", il voudrait bien tester le carré d'art lui même, et devenir artiste pendant, (au moins), une ou deux journées. Si son film est accepté, il pourrait impliquer sa société de loisirs accompagnés et injecter quelques parts de marché dans les activités du carré d'art. Ceci bien sûr est encore à l'état de rêve. Et si ce projet échouait, il transformerait son échec en une dérive consentie, il pourrait devenir routard, écrivain voyageur, aller à la campagne apprendre le métier de souffleur de verre, ensuite il raconterait son expérience dans un livre jusqu'à ce que sa vie devienne une oeuvre d'art totale, un peu comme celle de Sophie Calle. Il en parle à Jisay qui sourit qui en parle à Pati, violemment révoltée. Pati s'opposera aux projets de Philippe, elle conçoit de devenir, un temps, sa maîtresse, pour transformer Philippe peu à peu, par petites couches de savoirs successifs, elle l'emmenera au cinéma revoir "Le testament d'Orphée" et lui prouvera ainsi que l'art contemporain n'est pas né d'aujourd'hui, et qu'il n'est pas donné à tout le monde de se proclamer artiste. Jean assis sur une chaise du musée d'art moderne de la ville de Gournay, filme de loin, la rencontre entre Philippe et son amie Pati, comme le scénario de cette histoire, paraît plié d'avance, il décide d'entrer en contact avec Clémence, qui semble avoir le profil idéal pour alimenter le casting d'un court-métrage qu'il réalisera cet été, sur les femmes bafouées.

28/12/2011

16 - Des fashion-victims d'un genre nouveau

"Je voulais faire taire les rumeurs selon lesquelles ma mère était alcoolique ou folle, mais je n'ai pas réussi"

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Cécile s'est mise très jeune à frapper sa mère, enragée de la voir perdre la mémoire. Grâce à la richesse des réseaux sociaux elle parvient à se faire des amis avec lesquels elle partage des objets kitsch vintage. Jenny est à Cannes très remarquée, grâce à son teint de porcelaine, elle ne marchera qu'une fois sur le tapis rouge pour présenter une gamme de cosmétiques, puis elle rentrera seule à l'hôtel sans pouvoir approcher Georges Clooney, qu'elle rêve de rencontrer depuis l'enfance. Elle décide de rejoindre Pati Dubroff à Los Angeles qui maquille les plus grandes stars du moment (dont Georges Clooney), qu'elle tentera d'approcher, si elle n'y arrive pas elle se dit qu'elle changera de métier. Jean se découvre un faible pour les fourreaux noirs, qu'il collectionne en secret afin de tuer son ennui, le soir il sort et va se saoûler jusqu'à l'aube dans les boîtes de nuit. Un soir, il rencontre Ludivine Sanier qui l'aborde dans une robe fourreau noire. Jisay, se sent mal fait, avec sa veste de treillis et ses santiags qu'il n'ose pas la draguer. Prétextant qu'il doit s'occuper de sa mère handicapée, il se sauve et part se balader seul en vélib' autour de la gare St Lazare où il écrira le début d'un poème nihiliste dans sa tête. Cécile épuisée par la surveillance que lui impose sa mère a fini par s'endormir dans le canapé, devant un reportage sur les lézards. Sa mère profitant de l'aubaine, enfile ses pantoufles et s'en va en vitesse, attraper le dernier avion. Elle a posté un télégramme à Georges Clooney qui l'attend chez Pati Dubroff à Los angeles, pour l'emmener dans son hôpital d'où il tentera de la sauver.

28/08/2011

14- Miroir sans tain

"Me voilà prétentieux au point de croire que les autres sont incapables de voir à quel point je suis génial"

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Richard se définit comme un pionnier en exposant des objets faits à la va vite, suivant le précepte du "quart d'heure de célébrité de tout un chacun" ébauché par Andy Warhol. Herbert est devenu nostalgique, il aimait tant les femmes avant qu'elles ne se mettent à convoiter tout ce qui brille. Jacques n'a qu'à claquer des doigts, quoiqu'il fasse il est resté le roi des séducteurs, il ne peut pas se retenir, mais il affirme tout en même temps que "s'il y avait moins de bonnes femmes sur la terre, on serait peut-être moins nombreux, mais plus heureux". Claude a trois fils qui lisent Homère, deux frères qui ont fait Mai 68. Il affecte des moeurs cisterciens dîne chez Michel Foucault, joue aux cartes avec Roland Barthes. Il s'éprend d'un travelo, fume du hash, rencontre Alain Chamfort et devient son meilleur ami. Défait par sa vie à deux faces, il se retire dans une demeure à Cahors, pour cultiver des orchidées. Romain résiste à l'humain dans les sables du Moyen-Orient. Albert trafique des reliques d'os listés de sa propre main, il a négocié à prix exorbitant l'omoplate d'Hugues Capet. Un expert prouve que la relique provient d'un corps anonyme exhumé d'un cimetière. Le caviar chinois arrive sur les tables. On est à Rome mais on vit comme des Athéniens. Jean reprend son Leica pour croquer les minorités.

18:21 Publié dans De l'Histoire, De la Beauté, De la Débauche, De la Mode, Des Beaux Arts | Lien permanent |

18/06/2011

9 - Du couple comme de la valse

"J'aime tout ce qui est secret, je suis pudique, je ne sors que quand c'est vraiment nécessaire".

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L'enquête a révélé que Maxime était membre de l'ordre du temple solaire. On croyait que tout avait été écrit à ce sujet. Sa femme dit que depuis des semaines il manquait d'appétit et prenait des amphétamines pour tenir ses concerts. Catherine reste dans son châlet et la vie continue mais pas tout à fait comme avant. Sur une plage de Megan Bay, devant des photographes, le président esquisse un pas de danse avec son épouse. Sa maîtresse déjà fort éprouvée par le décès de son troisième mari, éteint le téléviseur. La vague de carreaux écossais se confirme, le tartan s'impose mais il faut en user avec parcimonie. Jean est parti à Mexico aider des jeunes défavorisés il leur apprend à fabriquer des guirlandes lumineuses avec des bouteilles en plastique ramassées dans des décharges. Stéphanie croit en l'avenir du lin. Elle écrit des slogans politiques sur les sacs en lin qu'elle fabrique, pour elle c'est le meilleur moyen de faire passer des messages et de modifier peu à peu la pensée de toute une société. Les presses modernes sortent des dizaines de milliers d'exemplaires d'un dictionnaire aux définitions erronées. Nadine travaille chez Mc Do, elle dit que sa vie est intenable. Louis est interne, il trafique un petit peu les ordonnances pour faire à ses amis de vrais faux arrêts-maladie. Nadine sait qu'elle sera virée à la fin de la semaine. On ne lui a encore pas précisé la raison. Un bruit court qu'un homme est venu ce matin pour la dénoncer. Quand elle monte dans l'autobus elle sent sur elle le regard lourd de ses collègues. Son copain qui depuis trop longtemps vit aux crochets de Nadine, a finalement choisi de se laisser influencer. Le directeur du Mc Do lui promet qu'il signera son contrat d'embauche à la fin de la semaine. Nadine rentre chez elle. Son copain lui a préparé un dîner aux chandelles. Il la prend dans ses bras. Nadine se sent réconfortée.

06:09 Publié dans De la Mode, De la Musique, De la Politique, De la Société, Des vedettes | Lien permanent |

16/06/2011

7 - Ces violences faites à la nature et aux sons familiers

"Je suis incapable de résister à un pavé au roquefort avec des frites ou à une tartine de confiture"

am.jpgMaxime est arrivé sur scène moulé dans le maillot du FC Lorient, pour rendre hommage au club breton il joue sur sa Gibson, le refrain de "We are the Champions". Malgré la puissance des couleurs et le volume du son, cette surprise ne provoque sur le public aucune sorte d'émotion. La fièvre de Jacques n'a pas baissé, sa femme veut l'installer dans une maison de retraite à Dreux, Jacques s'éloigne un temps de sa femme et espère guérir grâce au soutien de sa fille Claude. L'heureuse veine poétique de Luca le distingue  toujours  des autres décorateurs, il a ajouté dans sa fresque un point de fuite en fonction duquel les plafonds s'organisent. Au dessus des structures métalliques d'une ancienne usine de fers à friser, il peint des effets de trompe-l'oeil qui s'ouvrent sur des cieux infinis peuplés de vierges folles et d'anges aux traits indiatides. Subrepticement on pressent le triomphe de Frédéric. Pour la génération gaulliste de l'après-68, il représente l'espoir. Marqué dès l'enfance par la rupture avec sa langue natale, il veut faire tomber les tabous et les idées reçues en régulant les flux migratoires grâce à l'aide que lui apporte déjà son grand ami Brice Hortefeux, tous deux décident de mettre en couverture d'un magazine prestigieux des chanteurs gaullistes à la mode. Jean traîne un peu au 100 Club sur Oxford Street, Il écoute Malcom Mc Laren se réclamer de Guy Debord. Anne avachie sur un sofa regarde les gens de Mogador. Jean finit sa bière, depuis qu'il a coupé sa moustache et sa barbe, les filles lui tournent autour. Ca fait dix ans qu'il prend des cours de guitare sans savoir plaquer un accord. A la sorti du club, il fait la connaissance d'Eric Clapton. Eric Clapton porte des chaussures de football à crampons et parcourt les rues de Londres la nuit, au volant d'une Citroën Picasso. Jean ne cache pas sa déception, il s'achète trois bouteilles de vins espagnols qu"il boit cul sec dans la rue, puis termine la nuit seul à sniffer du poppers dans sa chambre d'hôtel. Il pense aux coups du charme et aux plans de séductions, aux gibelottes, aux queues de casseroles qu'on secoue quand les oignons se chevauchent. Il pense aux formes douces des champignons, aux liquides sirupeux, à la moelle du cardon. Il se souvient du cou blanc de Mireille Mathieu quand elle chantait "Mille colombes". Il enlève son caleçon.

14/06/2011

5 - Du sanglier d'Erymanthe aux souris de laboratoire

"Ma célébrité s'appuie sur un travail de longue haleine, j'aurais pu être célèbre à vingt ans. Après j'aurais fait quoi ?"

1967555-2710666.jpgFabrice aime les couleurs sombres et les textures moelleuses, pour lui cet hiver sera cachemire ou ne sera pas. Alain cultive des céréales, il a quitté Paris pour s'installer avec sa famille dans le Cantal. A Plaisance on danse le fox trot, le Paso doble et la valse. Jean préfère apprendre à danser le tango plutôt que de braquer des voitures. Mimi, à Tahiti fait la connaissance de Tino Rossi. A Saint Ouen on découenne la poitrine fumée pour faire la gibelotte de lapin, les morceaux de lapins sont immergés dans le vin durant toute la cuisson. Jean s'échappe au pays de Prydain où règne le Seigneur des ténèbres, il croise un mendiant qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau accompagné d'un sanglier des plaines, la bête lit l'avenir sur les lèvres des humains. Un chercheur du CNRS étudie l'animal, il pense qu'il possède dans son sang des défenses contre les microbes, contrairement aux animaux qui vivent sur les plateaux. Ca peut représenter un espoir pour la science, le problème est aussi que le prix à long terme, en deviendrait exorbitant. Sans moyens, il faudrait plus d'un siècle pour tester le vaccin. Découragé le chercheur quitte Paris, il croise Alain Corneau dans un train qui lui présente Jacqueline, une riche milliardaire investie dans le mécènat. Elle lui offre soixante millions, qui permettent au chercheur de poursuivre la même expérience avec des souris.