22/05/2012
19 - Eclats voilés : science et médecine
"J'ai commencé à avoir mal quand le rideau est tombé"
Depuis de nombreuses années Sabine s'observe vivre avec son chat ; elle a pris des notes scrupuleuses sur le déroulement de ses journées, elle raconte aujourd'hui son histoire dans un livre préfacé par son psychiatre le Docteur A. Ce dernier a anticipé par avance la folie qui guettait la jeune femme, il la soigne depuis presque quinze ans aux butyrophénones afin de prévenir d'éventuelles crises maniaques imprévisibles. Le généticien Albert B est dubitatif, il s'est penché sur les interactions réelles entre les êtres et s'intéresse davantage aux relations qu'à leur image. Il a longtemps étudié la manière dont les êtres se construisent, se transforment selon des bases de perception extérieure, émanant en majorité, de la parole d'un corps médical reconnu. Sabine en s'observant a fini par comprendre qu'elle ne pourrait jamais toucher la réalité absolue. Ce constat lui est devenu, évident, en visionnant les films où elle donne à manger à son chat. Durant ces longues années, elle a fait vivre à son animal tout ce qu'elle vivait elle-même, et a cru que l'expérience aboutirait à une fusion extra-sensorielle intéressante puisqu'elle était persuadée qu'en enfermant l'animal dans le même espace que le sien ils habiteraient tous deux la même réalité. Mais le généticien Albert B. lui a prouvé grâce à des shémas compliqués, que la réalité absolue n'existe pas. L'odorat le toucher, le goûter, tout diffère. Sabine a naturellement demandé à l'homme de science de la transformer en son chat. Là encore, le généticien est dubitatif. Si cette transformation artificielle est techniquement possible, il a refusé d'apporter son soutien à Sabine. En effet, s'il décidait de transformer Sabine en son chat, ce ne serait pas tout à fait le même chat. La réalité absolue quoiqu'on fasse ne peut exister ici bas. Cette conclusion a permis au Docteur A. de remettre en question son diagnostic, dont le noeud d'amarrage était basé sur des études neuro-psychiatriques obsolètes. Ce qu'il avait toujours considéré comme un déréglement profond dans l'esprit de Sabine avec risque d'évoluer vers un trouble maniaco-dépressif, n'était somme toute qu'une perception humaine différente. Jissay a depuis déjoué l'arnaque, et trouve qu'une telle erreur devrait être dénoncée et punie, en attendant il s'y acharne avec un style incomparable que son lecteur ne manquera jamais de venir admirer et flatter .
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22/04/2012
17 - Du sentiment de la lumière
"Je ne m'intéresse pas au cinéma en tant que médium, je ne l'utilise que par commodité"
Pati est entrée en combat contre l'esprit de chapelle, elle s'opposera toujours à cette idée qui depuis très longtemps énonce que lorsqu'on n'aime pas la vie, on va au cinéma. Elle, au contraire professe qu'on peut aimer la vie et le cinéma et toute autre culture, laquelle n'est pas un palliatif quoiqu'on dise... Philippe hante les galeries d'art contemporain depuis que Sophie Calle s'est laissée orthographier SOFICAL, d'une part il pense trouver là quelques idées à réinjecter dans sa société de loisirs accompagnés réservée aux employés des entreprises-pilotes souffrant de démotivation et qui feront appel à lui, si nécessaire, d'autre part, parce qu'il en ressent un besoin personnel autant qu'une espèce de curiosité qui vire parfois à l'obsession, pour l'heure, il collectionne les signes recueillis par l'artiste pour les assimiler, prend des notes, qu'il classe dans un trieur et le soir, il se change les idées non sans s'inspirer de ce qu'il a découvert la journée, ainsi des heures durant, fasciné par l'arrêt sur image de son magnétoscope, il a revisionné plusieurs fois le film de son mariage avec Clémence et s'est mis en tête de le cisailler, pour en faire une présentation au centre commercial de Noisiel qui dispose à présent d'un carré d'art avec une salle de projection 3D, il pourrait appeler ce film "notre Mariage raté", il voudrait bien tester le carré d'art lui même, et devenir artiste pendant, (au moins), une ou deux journées. Si son film est accepté, il pourrait impliquer sa société de loisirs accompagnés et injecter quelques parts de marché dans les activités du carré d'art. Ceci bien sûr est encore à l'état de rêve. Et si ce projet échouait, il transformerait son échec en une dérive consentie, il pourrait devenir routard, écrivain voyageur, aller à la campagne apprendre le métier de souffleur de verre, ensuite il raconterait son expérience dans un livre jusqu'à ce que sa vie devienne une oeuvre d'art totale, un peu comme celle de Sophie Calle. Il en parle à Jisay qui sourit qui en parle à Pati, violemment révoltée. Pati s'opposera aux projets de Philippe, elle conçoit de devenir, un temps, sa maîtresse, pour transformer Philippe peu à peu, par petites couches de savoirs successifs, elle l'emmenera au cinéma revoir "Le testament d'Orphée" et lui prouvera ainsi que l'art contemporain n'est pas né d'aujourd'hui, et qu'il n'est pas donné à tout le monde de se proclamer artiste. Jean assis sur une chaise du musée d'art moderne de la ville de Gournay, filme de loin, la rencontre entre Philippe et son amie Pati, comme le scénario de cette histoire, paraît plié d'avance, il décide d'entrer en contact avec Clémence, qui semble avoir le profil idéal pour alimenter le casting d'un court-métrage qu'il réalisera cet été, sur les femmes bafouées.
06:59 Publié dans De la corruption, De la Débauche, De la Mode, De la Société, Des Beaux Arts, Des vedettes, Du Commerce, Du rêve, Du tarabiscotage | Lien permanent |








